Le déclin du narcisse

Les prairies à narcisses sont en voie de régression. L'abondance de la fleur emblématique de la Riviera vaudoise est toujours en constante diminution tant dans la région des Pléiades que sur les hauts de Montreux.

En Chexbres - 1941 En Chexbres - 2002

Pré aux Pléiades, au lieu-dit "En Chexbres", de 1941 à 2002. Agrandir les images

La neige de mai, telle qu'on appelle la floraison d'innombrables fleurs, ne sera plus qu'un beau souvenir dans quelques années si rien n'est entrepris de manière énergique.

Orgevaux - 1920 Orgevaux - 2001

Pré à Orgevaux, de 1920 à 2001. Agrandir les images

Diminution des narcisses en 40 ans à Blonay et St-Légier-La-Chiésaz

La diminution est frappante : en prenant en compte toutes les surfaces actuelles à narcisses nous constatons une diminution de 67%, soit 478 ha par rapport à la surface vers 1960. En réalité il faut comparer pour les deux périodes les surfaces d’abondance élevée, car c'est bien de celles-ci dont les gens se souviennent. La diminution est alors bien plus forte : environ 592 ha soit 83%.

Restaurant des Pléiades - 19?? Restaurant des Pléiades - 2003

Restaurant des Pléiades, date inconnue et 2003. Agrandir les images

Principales causes de disparition

Les mutations de l'agriculture

La plupart des surfaces à narcisses disparues se trouvent en zone agricole. Les pratiques agricoles plus intensives soutenues par une politique agricole poussant au rendement maximal en sont clairement responsables.

Jusque dans les années 1950, l'agriculture procédait par "étagement" : Le premier étage comprenait les vignes, puis le domaine agricole de base avec son écurie, ses champs, ses cultures maréchaires et fruitières. En juin, les prés de l'étage situé vers 1000 m était fauché, puis en août les éventuels étages vers 1300-1400m. Les pâturages n'était pas occupé avant juin.

Actuellement, le bétail pâture en dès avril des prés situés entre 1000 et 1200 m, avant même période de floraison des narcisses !

Vaches aux Avants en avril 2008

La neige a peine fondue, le bétail broute déjà l'herbe qui vient à peine de verdir.
Les Avants, 4 avril 2008.

Les promeneurs peuvent le constater : les génisses ou les moutons sont nombreux à être parqués dans des prairies en fleur. Si le narcisse n'est pas la plante préférée du bétail, il finit par être piétiné ou brouté. A très court terme, les prairies à narcisses disparaissent sous les sabots.

Vaches dans un pré

Vaches dans un pré. La parcelle à l'arrière,
non broutée, possède encore des narcisses.

La reforestation

Des parcelles à narcisses sont menacées par la reforestation. Deux causes principales expliquent cette situation :

  • Un des effets de la politique agricole est l'abandon de certaines terres agricoles isolées et/ou peu productives, qui petit à petit ont été reconquises par la forêt. D'autres terrains ont été volontairement reboisés.
  • De nombreux terrains concernés par la sauvegarde des narcisses n'appartiennent pas à des agriculteurs, mais à des habitants des hauts ou à des propriétaires de résidences secondaires. Certains d'entres eux les délaissent par manque de rentabilité ou par désintérêts.
Narcisse dans une jeune forêt

Un pré colonisé par la forêt. Cherchez le narcisse !

L'urbanisation

L'urbanisation est la deuxième cause. Les villages des hauts se sont fortement étendus depuis les années 60. De vastes zones à bâtir ont été progressivement occupées, notamment par des villas avec jardin. Et leurs propriétaires ont en général remplacé leur pré à narcisses par du gazon.